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Fernand Léger : acteur incontournable de l'histoire de l'art moderne

 

De ses débuts impressionnistes à son cubisme et tubisme plus célèbres, Fernand Léger a conservé une position importante dans l'histoire de l'art moderne. 

 

Né à Argentan (Orne) le 4 février 1881, il s'installe à Paris en 1900, à l'âge de dix-neuf ans. 

 

Plus précisément, il habitait le quartier de Montparnasse, qui était à l'époque un centre artistique de Paris et où il fréquentait les académies de peinture.

 

 

Fernand Léger rencontre les fondateurs du cubisme à Paris

Quelques années plus tard, en 1907, il s'installe à la Ruche (ateliers d'artistes à Paris) où il a rencontré et découvert l'œuvre de nombreux peintres, notamment le cubisme de Paul Cézanne, Georges Braque et Pablo Picasso, ayant eu un impact important sur son propre travail.

 

L'art moderne : du cubisme au tubisme

 

Bien que des personnages comme Braque et Picasso sont des figures plus connues de l’art moderne et du cubisme, Léger a été parmi les premiers à exposer publiquement des œuvres cubistes

 

Il a même développé son propre variant du cubisme, ce que certains de ses critiques avaient dénommé le tubisme, se référant aux formes tubulaires qui apparaissent dans ses peintures.

 

Cependant ce n’est pas seulement dans son style de peinture ou l’on remarque de la modernité, mais aussi dans le sujet de ses tableaux.

 

Par exemple, il se concentre très souvent sur la machine et la vie urbaine.

 

 
Etude pour les constructeurs, Gouache sur papier, 1955, Galerie Dil

Etude pour les constructeurs, Gouache sur papier, 1955, Galerie Dil

 

Dans l'ensemble, il associe la modernité à la complexité, ce qui se reflète dans la complexité de ses œuvres d’art.

 

De plus, le fort contraste qui caractérise son œuvre peut être considéré comme emblématique du contraste entre le passé et le présent, ce qui constitue encore une réflexion sur les concepts de progression et de modernité.

 

Premier pas vers le cubisme

 

Il peint sa première oeuvre d’art cubiste La Couseuse en 1910, une huile sur toile qui illustre une femme en train de coudre.

 

Cette peinture démontre sa synthèse entre l'ancien et le nouveau, en utilisant un médium traditionnel dans le cadre d'un style de l'art moderne.

 

 

Le tubisme : le style d'art moderne personnel de Fernand Léger

Peu après son premier pas dans le cubisme, il commence à développer sa propre variante, le tubisme.

 

Nus dans la forêt, Huile sur toile, 1910

Nus dans la forêt, Huile sur toile, 1910

 

C’est dans son oeuvre Nus dans la forêt de l’année 1910 que l’on remarque l’apparition de ce tubisme ; une appellation inventée non pas par Fernand Léger lui-même pourtant, mais par Louis Vauxcelles, critique d'art. 

 

Le tubisme implique l'utilisation de formes cylindriques, ou tubulaires, pour construire les sujets de l'œuvre d'art en question.

 

 

L'évolution de l'oeuvre de Fernand Léger, vers l'art moderne

 

De 1911 à 1914, l'œuvre de Léger devient de plus en plus abstraite, et il commence à limiter sa palette aux couleurs primaires et au noir et blanc

 

En 1912, sa première exposition individuelle a lieu à la Galerie Kahnweiler, une galerie d’art parisienne.

 

 

La première guerre mondiale et l'impact de ce moment marquant de l'histoire sur la peinture de Fernand Léger

Léger a fait son service militaire de 1914 à 1917. 

 

Mais cela ne l'a pas empêché de continuer à créer des œuvres d'art. 

 

Selon son ami Ilya Ehrenbourg, écrivain russe, Fernand Léger « dessinait aux heures de repos, dans le gourbi et quelques fois dans les tranchées. Certains dessins gardent la trace de la pluie, d’autres sont déchirés, presque tous sont faits sur du gros papier d’emballage. »

 

Sa période « mécanique », dans laquelle les figures et les objets dans ses peintures sont caractérisés par des formes tubulaires et machinales, commence peu après en 1917. 

 

Même si elle n'a duré que 4 ans, cette période a eu un impact important sur lui et sur ses œuvres d'art.

 

On peut voir cet effet profond dans l'écriture qu'il a adressée à un ami qui n'avait pas connu la guerre sur le front, par exemple : « Toi, tu vas rester un homme d’avant-guerre et ce sera ta punition, Louis, mon vieil ami, et moi, malgré mes 34 ans, malgré ma vie déjà commencée comme mon œuvre et que cette tragédie a cassé en deux. Je suis tout de même encore assez jeune, assez vivant pour être, moi aussi, si le Dieu de ma mère me le permet, pour être, tu entends, pour être de la grande génération d’après la guerre ! »

 

L’année 1917 continue d’être significative pour sa carrière, avec la signature d'un contrat important avec Léonce Rosenberg, collectionneur d'œuvres d’art et galeriste parisien.

 

Depuis ce point là, il continue de plus en plus à se focaliser sur la thème de la modernité et à réaliser des collaborations.

 

 

Les années entre les deux guerres dans la vie de Fernand Léger

 

Dans les débuts des années 1920, il a travaillé en collaboration avec l'écrivain Blaise Cendrars sur la réalisation de films et sur la conception de décors et de costumes pour les spectacles des Ballets Suédois de Rolf de Maré. 

 

En 1924, il réalise son premier film, Ballet mécanique, avec l'aide de Dudley Murphy. 

 

Un film qui n'est ni abstrait ni narratif, mais qui est une série d'images qui semblent détachées les unes des autres (les dents et les lèvres d'une femme, des machines, des objets ordinaires et des activités humaines quotidiennes).

 

L'académie de l'art moderne à Paris

Dans la même année, il fonde l'Académie de l'art moderne avec Amédée Ozenfant, située au 86 rue Notre-Dame-Des-Champs à Paris, où ce dernier enseigne jusqu'en 1928.

 

Cette académie devient l'Académie de l'art contemporain en 1934.

 

 

Les réflexions de Fernand Léger au sujet de l'art moderne par rapport à l'histoire de l'art

 

En ce qui concerne l'art moderne, Fernand Léger en a beaucoup parlé.

 

La chaise et la vache, Gouache sur papier, 1952, Galerie Dil

La chaise et la vache, Gouache sur papier, 1952, Galerie Dil

 

Propos sur l'art moderne présentés au Musée d'art moderne

 

Par exemple, lors de sa première exposition rétrospective au MoMA (musée d'art moderne) de New York, en 1935, il a affirmé les propos suivants sur le sujet :

 

« L’on peut considérer l’évolution actuelle artistique comme une bataille qui se livre et qui dure depuis cinquante années entre la conception du sujet comme l’a conçue la Renaissance italienne et l’intérêt pour l’objet et le ton pur qui s’affirme de plus en plus dans nos idées modernes.

 

Cette bataille vaut la peine d’être suivie, étudiée, observée de très près, car elle est toujours très actuelle. 

 

C’est une espèce de révolution dont les conséquences sont très importantes. Ce sentiment de l’objet est déjà dans les tableaux primitifs – dans les œuvres des Hautes Époques égyptienne, assyrienne, grecque, romaine, gothique.

 

Les modernes vont le développer, l’isoler et en sortir toutes les conséquences possibles. 

 

L’obligation du sujet n’est plus acceptée. Cette armature qui domine tout l’art de la Renaissance a été brisée.

 

Le sujet détruit, il fallait trouver autre chose, c’est l’objet et la couleur pure qui deviennent la valeur de remplacement.

 

Dans cette nouvelle phase, la liberté de composition devient infinie. 

 

Une liberté totale qui va permettre des compositions d’imagination où la fantaisie créatrice va pouvoir se révéler et se développer.

 

Cet objet qui était enfermé dans le sujet devient libre, cette couleur pure qui ne pouvait s’affirmer va sortir. 

 

Il devient le personnage principal des nouvelles œuvres picturales.

 

Par exemple, je me trouve devant un paysage composé d’arbres, de ciel, de nuages. 

 

Je vais m’intéresser à l’arbre seul, l’étudier et en sortir toutes les possibilités plastiques qu’il comporte : son écorce qui a un dessin souvent expressif, ses branches dont le mouvement est dynamique, ses feuilles qui peuvent valoir décorativement. 

 

Cet arbre si riche en valeur plastique est sacrifié dans le tableau à sujet.

 

Isolé, étudié à part, il va nous fournir du matériel pour renouveler l’expression picturale actuelle. »

 

 

La seconde guerre mondiale : voyage aux Etats-Unis et retour en France

 

Après le déclenchement de la seconde guerre mondiale, Fernand Léger se rend aux États-Unis, où il enseigne à l'université de Yale avec Henri Focillon, Darius Milhaud et André Maurois.

 

Dès son retour en France, il adhère au Parti communiste français, dont il restera membre jusqu’à sa mort.

 

 

Fernand Léger et Pablo Picasso : l'art moderne comme outil politique

Aux côtés de Picasso, figure plus reconnue du cubisme et de l'art moderne, il devient l'un des artistes les plus emblématiques du Parti.

 

Cela a également eu un impact sur sa peinture, puisqu'il a commencé à s'intéresser particulièrement à l'homme ordinaire et à l'ouvrier, par exemple.

 

 

Changer l'histoire de l'art en améliorant l'accessibilité de l'art moderne

Guidé par ses idéologies sociales et politiques, il voulait rendre l'art plus accessible, disant que pour apprécier l’art, « il faut une certaine culture, il faut une éducation, il faut du temps et tant que le peuple travaillera jusqu’à sept heures du soir, il n’y a rien à faire ».

 

Il a également défendu des idées telles que le nouveau réalisme dans l'art.

 

 

 
La partie de campagne, Gouache sur papier, 1954, Galerie Dil

La partie de campagne, Gouache sur papier, 1954, Galerie Dil

 

La décennie avant la mort de Fernand Léger

Au cours de la décennie qui précède sa mort, les projets de Léger englobent de nombreux domaines : illustrations de livres, peintures de personnages monumentaux et peintures murales, vitraux, mosaïques, sculptures de céramique polychrome et conception de décors et de costumes.

 

Exposition rétrospective au Musée national d'art moderne à Paris

En 1949, le Musée national d’art moderne à Paris organise une exposition rétrospective de ses œuvres d'art.

 

Musée national Fernand Léger

Fernand Léger acquiert le mas Saint-André, situé au pied du village de Biot, en 1955, quelques mois avant sa mort.

 

C’est ici que le Musée national Fernand Léger a été inauguré en 1960, célébrant le travail de cette figure emblématique de l'histoire de l'art moderne.