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Exposition permanente Maria Héléna Vieira Da Silva au musée de Dijon

Maria Héléna Vieira Da Silva

 

 

 

Le musée de Dijon expose en permanence des oeuvres de Maria Héléna Vieira Da Silva. Venue du Portugal, la peintre s'installe à Paris en 1928. C’est l’une des chefs de file du mouvement paysagiste abstrait, avec des espaces picturaux combinant réseaux et mosaïques pour donner une perspective fuyante.

 

Maria Helena Vieira Da Silva : la perspective en sujet

1. Une artiste réfugiée dans un monde de couleurs

Maria Helena Vieira da Silva, qui est née à Lisbonne en 1908,  s’est très tôt « réfugiée dans le monde des couleurs ». On retrouve ainsi à la fin des années 1980 dans son Testament pictural un poème confirmant cette inclinaison :

« Je lègue à mes amis
Un bleu céruléum pour voler haut
Un bleu de cobalt pour le bonheur
Un bleu d’outremer pour stimuler l’esprit
Un vermillon pour faire circuler le sang allègrement
[…] Un jaune d’or : richesse […]
Un jaune baryte : science-fiction, brillance, éclat
Un ocre jaune pour accepter la terre […]
Un orange pour exercer la vue d’un citronnier au loin
Un jaune citron pour la grâce »

On retrouve cela dans l’huile sur toile intitulée Le Jeu de cartes (1937), une œuvre chatoyante où carreaux, piques, trèfles, valets, dames et rois se succèdent et varient.

Maria Helena Vieira da Silva exploite aussi librement le souvenir des azulejos de Lisbonne, dont elle est imprégnée. Elle déclarera du reste en 1978 à Anne Philipe, dans le livre d’entretiens L’éclat de la lumière « Au Portugal, on trouve beaucoup de petits carreaux de faïence, des azulejos, le mot vient d’azur, parce qu’ils étaient bleus. Ils sont un motif de décoration traditionnel dans les vieilles maisons. Cela aussi m’a influencée. Enfin cette technique donne une vibration que je recherche et permet de trouver le rythme d’un tableau.»

 

2. Une perspective « chancelante »

La ligne est une des clefs de lecture de ses tableaux. Aucun empâtement n'est recherché : le travail s'accomplit par couches successives et transparentes qui confèrent un éclat et une densité à chaque touche. La surface du tableau est tramée ou tressée, la lumière étant indissociable de la forme. 

La  « perspective chancelante » met en forme un réseau de courbes perspectives qui vont se resserrer, avec un point de fuite déréglé.

 

2. Une relation à l abstractionnisme

1. Un imaginaire construit autour de la ville

L'imaginaire de Vieira est dominé par des schémas urbains ; elle construit inlassablement des sites comme si elle voulait effacer de la mémoire collective le souvenir du tremblement de terre de Lisbonne. 

La perspective se donne "comme thème de l'espace, comme thème du temps, comme une manière de faire respirer le tableau". L'artiste s'approche paradoxalement de la perspective classique dans les compositions les plus abstraites. L'artiste a dit : "Je me suis intéressée à la perspective parce que personne ne s'y intéressait plus". 

Vieira refuse de "focaliser", préférant la globalité de la vision. Elle peint des tableaux sans centre affirmé, pour ouvrir le champ de vision. Le monde n'est plus tenu à distance ; les images viennent au spectateur comme elles sont venues à l'artiste.

 

2. Une reconnaissance affirmee

Elle se marie avec le peintre hongrois Arpad Szenes en 1930. L'Etat français achète des tableaux de l'artiste à partir de 1948. Vieira acquiert une reconnaissance internationale à compter des années cinquante. 

Elle est naturalisée française en 1956 et reçoit plusieurs distinctions de l’État français. Dans sa maison rue de l’Abbé Carton acquise dans les années cinquante, elle continue à peindre et se consacre aussi à la tapisserie et au vitrail – elle est l’auteur de huit vitraux de l’Église Saint Jacques à Reims. Au Portugal, ce n’est que plus tard que la Fondation Calouste Gulbenkian organise une exposition rétrospective de son œuvre.

 

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