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Biographie Daniel Wallard

Enfant de hussards noirs de la République, Daniel Wallard (1913-1983) fut un chevalier blanc de l’humanisme. Élevé dans les pâtures de Maubeuge, ceintes par de sombres forêts, il tomba amoureux des herbages gras de Touques dominant la mer. Fondateur de la Maison de la culture de Lille en 1935, ce compagnon de route du Parti communiste français y convia André Gide, Fernand Léger et Louis Aragon. Auxiliaire du service de santé sur le front républicain espagnol, l’été 1936, Daniel Wallard, devenu pharmacien à Trouville-sur-Mer en 1939, gagna l’Hôpital de Cambrai dès la mobilisation estivale très ébranlé par le pacte germano-soviétique. Ami de Jean Paulhan – le secrétaire général de la Nouvelle Revue Française – il entre en Résistance à ses côtés et tient la rubrique Les Arts dans la revue Poésie, animée par le poète Pierre Seghers en zone libre. Il défile dans les rues de Trouville-sur-Mer en 1951 en soutien aux époux Ethel et Julius Rosenberg mais prend définitivement ses distances avec le PCF en 1953 lors du « complot » des Blouses Blanches qui vit Joseph Staline s’attaquer, cette fois, aux médecins.

Sous l’Occupation, Jean Paulhan lui fait connaître Paul et Nusch Éluard, Georges et Marcelle Braque, Paul Valéry ou Jean et Lili Dubuffet. Critique d’art sensible et collectionneur avisé, Daniel Wallard possédera des œuvres de Marie Laurencin, Georges Braque, André Masson, André Lhote, Raoul Dufy, Moïse Kisling, Jean Dewasne, Yvonne Guégan et de nombreux Fernand Léger et Jean Fautrier. Fasciné, il n’aura de cesse de photographier des artistes d’excellence dont Alexandre Calder, Blaise Cendrars, Elsa Triolet, Lili Brik, Fernand Ledoux, Jean Grémillon, Lucien Coutaud, Jean Effel, Pierre Seghers, André Hambourg, Georges Delerue, Marc Chagall, Claude Chabrol ou Jean-Paul Sartre.